Argot, le magazine consacré à l’économie des quartiers populaires

7 novembre 2017

Le 21 décembre 2016, un nouveau magazine en ligne est né ! Dédié à l’activité économique des quartiers populaires, Argot est porté par une équipe d’anciens journalistes du Bondy Blog. Ce magazine est né de la volonté de mettre sur le devant de la scène le dynamisme d’une population diversifiée dont les idées innovantes contribuent à l’économie française.

Nous avons découvert ce magazine lors d’un talk avec Abiola Obaonrin, fondateur du magazine, au Garage Merci Alfred, lieu éphémère « mieux que les antibios » pour « s’inspirer et s’améliorer ». Retour sur la découverte de cette pépite culturelle.

 

© Merci Alfred

 

Chez Argot, on analyse de façon traditionnelle des objets complètement atypiques. Pour ne prendre qu’un exemple, nous pouvons citer l’histoire de Bakary Kebe, propriétaire du restaurant « Pizza de ouf » dans le quartier de la Goutte d’or qui a fait l’objet d’un article. Sa communication il l’a construite au « feeling » comme il dit, avec sa bonne humeur et sa générosité. Résultat, il cumule près de 18 000 fans sur Facebook et 16 000 abonnés sur Instagram : un record pour ce type d’établissement !

Les journalistes d’Argot s’intéressent particulièrement à l’économie, au numérique et à l’entrepreneuriat. L’exemple des nouveaux artisans est particulièrement parlant. Il s’agit de consultants qui ont suivi leurs études dans de prestigieuses écoles et qui changent complètement de carrière pour ouvrir une boulangerie ou devenir plombier. Ce retour à un « vrai » métier, tangible et concret, au service des autres, revient de plus en plus dans les esprits…

 

 

Parallèlement, entreprendre lorsque l’on n’a pas le bagage éducatif type Bac+5 à HEC paraît difficile, presque impossible. D’après Abiola Obaonrin, ces nouveaux talents de l’entrepreneuriat sont plus dans la recherche de l’émotion que dans une idée organisationnelle suivant une méthodologie établie. Ils apprennent généralement sur le tas, avec les moyens du bord, s’avisant des conseils de leur entourage. Sans opposer ces deux rapports au travail, cette dernière façon de faire rend le travail beaucoup plus singulier et unique.

 

Au fur et à mesure de ses rencontres, le fondateur du magazine explique avoir revu aussi ses propres idées. Il expliquait justement en avoir appris plus sur le milieu associatif en consacrant une série d’articles intitulés « Les alchimistes » en clin d’oeil au célèbre ouvrage de Paulo Coelho. À travers cette série, l’équipe d’Argot dresse le portrait des leaders associatifs de demain.

« Si vous écoutez votre cœur,
vous savez précisément ce que vous avez à faire sur terre. »

© Paulo Coelho

Finalement, l’engagement associatif est quelque chose que l’on porte en nous et c’est précisément ce qu’a retenu Abiola Obaonrin dans cette série de portraits. Lui qui pensait qu’on pouvait s’engager de sa propre initiative, il s’est vite aperçu – sans faire de généralités – qu’il y avait un fort aspect culturel dans ce qui tient à l’engagement associatif. Il s’agit bien souvent d’hommes et de femmes qui ont pris la décision de travailler au service des autres car ils ont eux-mêmes été touchés dans leur parcours par des personnes engagées.

 

→ On vous invite à découvrir le portrait d’Inès Seddiki, présidente de Ghett’up et celui d’Abdellah Boudour, fondateur de Forces mixités.

 

Autre pépite à découvrir dans le magazine, « Clichés » : les séries photographiques de l’artiste Joao Bolan. Tous les 10 jours, ce photographe explore sur Argot, Paris et sa banlieue, avec un prisme particulier. Le 1er volet est dédié aux « Charbonneurs », ceux qui ont recours au système D pour boucler leur fin de mois. Le 2nd chapitre s’intitule quant à lui « Façades » et est consacré à l’architecture révolutionnaire des grands ensembles construits après la Seconde Guerre mondiale. Au-delà d’une logique artistique et esthétique, il y a aussi derrière ces « clichés » une volonté de mettre en avant des populations et des territoires.

 

© Joao Bolan

© Joao Bolan

 

Tous les portraits et les idées créatives mises en avant sur Argot permettent de valoriser des quartiers souvent oubliés et qui véhiculent depuis maintenant trop longtemps une image négative. Ces territoires bannis recèlent d’un potentiel fort, d’idées innovantes et de personnes créatives et engagées. Il est primordial de parler de ces initiatives positives et les journalistes d’Argot le font avec talent.

 
 

Argot Magazine

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