Maëlle Rajoelisolo, quand illustration rime avec talent !

17 février 2015
Illustration made for an exposition at the Arludik gallery in Paris, "Music in movies". Inspired by the Hong-Kong garden" heard in Sofia Coppola's "Marie Antoinette".

© Maëlle Rajoelisolo

 

▪ Comment es-tu devenue illustratrice ?

 

Comme beaucoup de gens, et de façon assez générale, j’aime dessiner depuis toute petite. Apparemment, certaines personnes ayant été en maternelle avec moi s’en souviennent. Mais avant ma 3ème année d’études supérieures, jamais je n’aurais pensé « réussir » à devenir illustratrice. Alors que j’étudiais les arts graphiques, je me pensais plutôt devenir graphiste, directeur artistique, et encore… On me disait que c’était tellement dur de réussir à percer, à en vivre, qu’il ne me semblait pas avoir de place pour moi.

 

En ouvrant mon blog, en répandant peu à peu ce que je faisais, en participant à quelques projets collectifs et, surtout, en voyant les retours positifs des autres, que je me suis finalement dit « Ah mais, c’est possible en fait, je peux le faire ! ». Ca valait la peine de se battre et d’enchaîner quelques nuits blanches.

 

▪Quels sont tes modèles, tes références ?

Elles sont assez faciles à repérer… Je suis très pop-culture. J’ai grandi en étant une grande fan de certains animés et mangas – Sailor Moon, Card captor Sakura étant les principaux. J’ai également passé un été à Madagascar scotchée à la chaîne D-Manga devant Blue Seed, j’avais aussi l’intégrale de Mafalda à la maison, et je rêvais de savoir dessiner comme Hokusaï.

Je suis aussi une fervente admiratrice de Miyazaki : ma première grande claque a été Le Voyage de Chihiro à 11 ans. Avant lui, je ne pensais même pas être capable d’aimer autant un univers aussi poétique et contemplatif. Sinon, il y a Ai Yazawa, et plus particulièrement son Paradise Kiss et Nana – dont on attend toujours la suite…

Sinon, en terme de dessin de mode, la liste est longue ! Je suis une grande fan de Fifi Lapin, c’est d’ailleurs en découvrant son travail que je me suis dit que je n’étais pas obligée de me coller au style hyper réaliste et très sérieux de l’illustration de mode en général. Evidemment, il y a aussi René Gruau, Antonio Lopez, et bien d’autres…

Je suis beaucoup de blogs, donc je cite très volontiers la géniale Margaux Motin, Diglee (qu’on se le dise, elles dessinent si bien les femmes), Laura Laine, Adrian Valencia, Katie Rodgers, Sibylline Meynet, Arthur de Pins… En fait, je suis très impressionnable, et j’adore découvrir le travail des autres. Cette liste est non-exhaustive, si je devais citer tous ceux dont j’admire le travail, cela serait sans fin !

 

© Maëlle Rajoelisolo
 

▪ Quel est le projet professionnel qui t’a fait le plus vibrer ?

Mon tout premier projet professionnel : les 7 clichés de « modeuses » que j’ai eu à illustrer pour l’e-shop Monnier Frères. C’était ma première mission freelance, fin 2011, et me dire que quelqu’un trouvait que j’avais le niveau pour réaliser ces poupées… J’en ai presque pleuré de joie !

 

▪ L’année 2013 a été riche en projets pour toi, que prépares-tu pour 2014 ?

En réalité, elle n’a pas été si chargée que ça question projets ! Elle l’a surtout été parce que j’ai passé mon diplôme, puis enchaîné avec un premier boulot d’Assistante Directrice Artistique, combiné au projet de coiffures pour la marque 365c. Il y a aussi eu l’exposition Arludik, mais l’oeuvre que j’ai réalisé a été produite sur le tard.

A contrario, l’année 2014 sera très chargée ! Peut-être un livre, mon entrée chez Agent 002 – agent d’illustrateur, une nouvelle collaboration avec 365c, et d’autres choses à venir…

 

▪Quels rêves voudrais-tu accomplir désormais (collaborations, marques…) ?

C’est seulement le commencement pour moi, je sais que j’ai encore tout à accomplir. Avoir un agent était un rêve que je ne pensais pas réalisable avant 2 ou 3 ans. J’aimerais beaucoup travailler pour la mode, mais je sais que mon style n’est pas vraiment applicable pour le moment – je dessine des poupées plus adolescentes qu’adultes apparemment… Un jour peut-être, quand j’aurais fait évoluer tout ça.

 

© Maëlle Rajoelisolo & 365C
 

▪Tu as toujours été parisienne, quel regard portes-tu sur cette ville dans ton travail ?

Je n’ai pas encore réellement exploité le fait de vivre dans cette ville. Je me dis que pour l’instant, d’autres le font bien mieux que moi. Mais je l’ai vraiment découverte sur le tard, quand j’ai commencé à y étudier.

 

▪ Quelles sont tes adresses parisiennes préférés ?
J’adore Aki Boulangerie, on y trouve de délicieux onigiri, des bentô, et des pâtisseries déclinées au thé vert. Pour une tarte au citron meringuée avec 1km de meringue, il y a le fameux Loir dans la théière, dans le Marais. Enfin, pour des doubles-crêpes, pas loin de Montparnasse, la Crêperie Josselin. Oui, on remarquera que mes adresses sont toutes liées à de la nourriture…

 

Maëlle R.
Cirque de papier
 

Photo de couverture © Maëlle Rajoelisolo