L’Atelier des Lumières – Une ancienne fonderie devenue centre d’art numérique

24 avril 2018

On vous a déjà dit qu’on avait un faible pour les lieux reconvertis ? Alors imaginez un peu notre enthousiasme lorsqu’on a appris que l’Atelier des Lumières allait ouvrir au cœur d’une ancienne fonderie parisienne ! Après avoir poussé les portes de ce centre d’art numérique atypique il y a quelques jours, on vous livre aujourd’hui nos impressions.

 

Mais attardons-nous dans un premier temps sur ce lieu hors norme qui est devenu l’écrin de ce projet tout aussi démesuré. Créée en 1835 par les frères Plichon, au moment de la Révolution Industrielle, la fonderie du Chemin-Vert produit des pièces en fonte pour la marine et les chemins de fer. Elle occupe alors un terrain de 3 126m2 et emploie une soixantaine de personnes jusqu’en 1933. Elle est alors vendue à la famille Martin, qui en est toujours propriétaire, et abrite durant 65 ans une entreprise spécialisée dans la fabrication et la vente de machines-outils. L’entreprise déménage en 2000. En 2013, Bruno Monnier, Président de Culturespaces, découvre le lieu abandonné et imagine y créer le premier centre d’art numérique intramuros à Paris. Ce projet de création artistique porte également en lui la volonté de revaloriser ce patrimoine industriel. Le lieu a en effet été restauré et on peut évoluer dans cet espace insolite au milieu de la cheminée, de la tour de séchage, du bassin et du réservoir d’eau de l’ancienne halle.

 

 

Quatre ans après la première ébauche du projet, l’Atelier des Lumières accueille enfin les visiteurs pour une expérience haute en couleurs. Dans la halle de l’ancienne fonderie qui a conservé ses volumes et sa charpente métallique, des peintures iconiques sont projetées sur la totalité des espaces. Pour l’ouverture, ce sont les œuvres de Gustav Klimt et de Hundertwasser qui s’animent et prennent vie. Le visiteur, plongé dans le noir et enveloppé par une musique captivante, se retrouve immergé en plein cœur de tableaux devenus monumentaux pour épouser les 3 300m2 de surface de projection du lieu qui culmine jusqu’à 10m de haut.

 

On observe les détails, on redécouvre des fragments, on évolue dans une tempête de formes et de teintes qui s’enchevêtrent avant de disparaître. L’expérience est saisissante ! Il faut dire que ce ne sont pas moins de 50 enceintes et 140 vidéo-projecteurs qui chorégraphient un ballet de plus de 3 000 images. Sous nos pieds, le sol de béton se mue en parterre de fleurs et les murs s’effacent sous une pluie de motifs hypnotiques. La seconde suivante, le décor change à nouveau. Ce voyage numérique donne parfois le vertige en dissipant nos repères, alors on s’assoit et on se laisse emporter par cette exposition immersive monumentale.

 

Nous sommes bien loin des galeries de musées traditionnelles ornées de tableaux originaux. Ici, les œuvres ont été numérisées et mises en mouvement pour s’afficher en très haute résolution sur des volumes et des surfaces brutes qui possèdent une histoire et forge (vous avez le jeu de mot ?) l’identité du projet. C’est la technologie AMIEX, déjà à l’œuvre dans les Carrières des Lumières aux Baux-de-Provence, qui donne vie à cette prouesse et permet d’imaginer une mise en scène qui épouse parfaitement les courbes et reliefs du lieu. Pourtant, on oublie bien vite la technologie pour se laisser gagner par l’émotion et envahir par les sensations !

 

 

Seul bémol, le prix du billet de 14,50€ nous semble tout de même excessif pour découvrir cette projection de 35 minutes, diffusée en continu, au cœur de la halle de 1 500m2 ainsi que l’espace de 160m2 dédié à la création contemporaine. Dommage que ce dispositif innovant et propice à la démocratisation culturelle ne se rende pas plus accessible financièrement à de nouveaux publics… De plus la médiation est également légère et la découverte reste principalement visuelle : seuls 3 panneaux présentent les vidéos et leur sujet à l’entrée. Mais il faut accepter que nous sommes ici dans un lieu qui s’affranchit des codes des musées auxquels nous sommes habitués…

 

On vous recommande tout de même le voyage au cœur de cette cathédrale d’images mouvantes qui ne laissera personne insensible !

 

L’Atelier des Lumières
38 rue Saint Maur, 75011 Paris
Metro 9 – Saint-Ambroise